Passionné de geek culture et collectionneur Star Wars averti, je veille au fonctionnement et à l’épanouissement du site.
Chaque 4 mai, des millions de fans à travers le monde célèbrent Star Wars avec la même ferveur que d’autres réservent à Noël. Mais d’où vient cette tradition ? Comment un jeu de mots maladroit né dans une publicité politique britannique de 1979 est-il devenu une fête planétaire, embrassée par Disney, gravée dans la loi californienne, et structurant désormais le calendrier marketing de toute l’industrie collector ? Plongée dans la généalogie d’une fête qui n’aurait jamais dû exister.
Tout commence le 3 mai 1979, jour où Margaret Thatcher devient la première femme Premier ministre du Royaume-Uni. Le lendemain, le 4 mai 1979, son parti — les Conservateurs — fait paraître dans le London Evening News une demi-page publicitaire saluant sa victoire. Le titre : « May the Fourth Be With You, Maggie. Congratulations. »
C’est, à la connaissance des historiens de Lucasfilm, la toute première occurrence documentée du jeu de mots. Star Wars est sorti deux ans plus tôt, le 25 mai 1977, et la phrase « May the Force be with you » est déjà entrée dans le langage courant anglo-saxon — au point qu’un publicitaire britannique pouvait s’autoriser un calembour reposant sur elle, en sachant que tout le monde comprendrait.
Détail savoureux : l’origine de la fête la plus geek du calendrier mondial est donc, à proprement parler, une publicité politique conservatrice britannique. Les voies de la Force sont impénétrables.
Pendant trois décennies, la phrase circule à bas bruit. On en retrouve quelques traces : un épisode de la série animée Count Duckula en 1988, un usage par un membre du Parti travailliste britannique Harry Cohen en 1994, une publicité Lucasfilm en 2005 pour relancer Revenge of the Sith à l’occasion du 4 juillet américain (avec Yoda et un fond de feux d’artifice).
Mais il manque encore un ingrédient essentiel : Internet. Tant que les fans n’ont pas de plateforme pour se reconnaître, se compter et se coordonner, le 4 mai reste un clin d’œil entre initiés. La même chose vaut pour beaucoup de fêtes geek de cette époque (Pi Day, Towel Day) : elles ont toutes attendu le web 2.0 pour exister vraiment.
L’événement déclencheur est désormais célèbre dans les cercles fans : en 2011, le Toronto Underground Cinema organise la première célébration publique structurée du May the 4th, avec concours de costumes, projections et festival. Pour la première fois, des inconnus se rassemblent physiquement autour de la date, et la presse couvre l’événement.
Internet fait alors le reste. Les réseaux sociaux — Twitter et Facebook en tête — s’emparent du jeu de mots, qui se prête merveilleusement au format pithy de la timeline. Et le timing est parfait : 2011, c’est l’année où la culture geek bascule définitivement dans le grand public, portée par les premiers films Marvel, l’explosion des conventions, et une génération de trentenaires qui n’a plus peur d’assumer ses passions.
En octobre 2012, Disney rachète Lucasfilm pour 4,05 milliards de dollars. Quelques mois plus tard, en 2013, Disney’s Hollywood Studios annonce officiellement célébrer le May the 4th. C’est un tournant : ce qui était une fête de fans devient un rendez-vous marketing de masse, avec produits dérivés exclusifs, événements dans les parcs, contenus streaming synchronisés.
À partir de là, l’ampleur change d’échelle. Chaque éditeur, chaque retailer, chaque marque sous licence cale ses sorties produit sur la fenêtre du 4 mai. LEGO sort ses GWP (Gift With Purchase) Star Wars, Hot Toys ouvre ses précommandes exclusives, Hasbro révèle ses Black Series annuelles, Funko décline ses Pop! commémoratifs. La fête devient un pic de revenus annuel structurant pour toute la filière.
Le 4 mai 2019, la Californie franchit une étape symbolique : les législateurs votent pour faire du 4 mai officiellement le Star Wars Day, en reconnaissance de l’ouverture de la zone Galaxy’s Edge à Disneyland. Une fête née d’une publicité conservatrice britannique, célébrée trois décennies plus tard par un État américain démocrate, en hommage à un parc d’attractions privé : il faut savoir apprécier la cohérence narrative.
Lucasfilm, dans sa propre rétrospective culturelle, le formule joliment : la fête appartient aux fans, le studio n’a fait que la rejoindre. C’est sans doute la clé de sa pérennité : contrairement à beaucoup de journées commémoratives top-down, le May the 4th est resté bottom-up.
L’analogie avec Noël n’est pas exagérée. Elle tient à quatre éléments structurels.
Une date attendue, anticipée, ritualisée. Comme Noël, le 4 mai se prépare. Les collectionneurs font leurs listes, les retailers leurs catalogues, les médias spécialisés leurs guides d’achat. La semaine qui précède est saturée d’attentes.
Des cadeaux et des éditions exclusives. GWP LEGO, précommandes Hot Toys, drops Sideshow, exclusivités Disney Store, codes promo Funko : la mécanique du « cadeau qu’on ne trouve qu’à cette date » crée la même fébrilité que les calendriers de l’Avent.
Un rassemblement intergénérationnel. Le May the 4th est l’une des rares fêtes geek qui traverse trois générations — les fans de la trilogie originale, ceux de la prélogie, et la génération Disney+. Comme Noël, elle réunit ceux qui n’auraient pas grand-chose en commun autrement.
Une économie qui en dépend. L’industrie du collector Star Wars est désormais structurée autour de ce pic annuel, comme la grande distribution l’est autour des fêtes de fin d’année. Sans 4 mai, pas de calendrier marketing.
1977 : sortie de Star Wars, le 25 mai
1979 : première occurrence documentée de « May the 4th be with you », dans une publicité politique britannique
2011 : première célébration publique structurée (Toronto Underground Cinema)
2013 : institutionnalisation par Disney’s Hollywood Studios
2019 : reconnaissance officielle par l’État de Californie
4,05 Mds $ : montant du rachat de Lucasfilm par Disney en 2012, qui a accéléré la mondialisation de la fête
Pour qui veut vivre pleinement le May the 4th, voici les rituels qui structurent désormais la journée chez les fans avertis. Un marathon de visionnage thématique reste la valeur sûre : ordre chronologique pour les puristes, ordre de sortie pour les nostalgiques, ou ordre Machete pour qui veut redécouvrir la saga sous un angle narratif différent. Côté plateforme, Disney+ propose chaque année des contenus exclusifs synchronisés sur la date — épisodes inédits, documentaires, director’s cut.
Côté collection, c’est le moment de faire ses précommandes annuelles : LEGO publie traditionnellement un GWP exclusif Star Wars autour du 4 mai (l’édition 2025 portait sur les scènes d’animation classiques), Hot Toys ouvre ses fenêtres de précommande prioritaires, et de nombreux retailers indépendants proposent des promotions ponctuelles. Pour qui débute, c’est aussi une excellente porte d’entrée pour acquérir une première pièce iconique sans payer la prime du marché secondaire.
Enfin, côté communautaire, les conventions et événements locaux se multiplient en France depuis 2018. Les boutiques spécialisées organisent des soirées thématiques, les associations comme la 501st Legion (garnison française) participent à des événements caritatifs, et les médiathèques municipales proposent de plus en plus de programmations dédiées.
Parce que la phrase « May the 4th be with you » est un jeu de mots sur la réplique culte « May the Force be with you ». Le calembour est documenté pour la première fois dans une publicité politique britannique du 4 mai 1979, célébrant l’élection de Margaret Thatcher.
Personne, et tout le monde. Le jeu de mots est un produit de la culture populaire britannique de la fin des années 1970. La fête, elle, a été co-créée par les fans à partir de 2011 et institutionnalisée par Disney à partir de 2013.
Le 25 mai 1977, date de sortie de Star Wars, est célébré comme le Geek Pride Day, une fête plus large dédiée à toute la culture geek. Le 4 mai s’est imposé spécifiquement pour Star Wars grâce au jeu de mots.
Non. Lucasfilm reconnaît officiellement que la fête appartient aux fans et qu’elle s’est imposée par le bas, avant d’être adoptée par le studio en 2013 via Disney’s Hollywood Studios.
Pas au sens légal. La Californie a voté en 2019 pour reconnaître officiellement le 4 mai comme Star Wars Day, mais il s’agit d’une reconnaissance symbolique, pas d’un jour férié au sens juridique. En France, c’est une journée non officielle, célébrée par les fans et les marques.
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Antoine
, il y a 1 an
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Antoine
, il y a 1 an
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