Passionné de geek culture et collectionneur Star Wars averti, je veille au fonctionnement et à l’épanouissement du site.
Le Psychogun ne rouille pas. Quarante ans après la diffusion de Space Adventure Cobra, les objets dérivés de la série font l’objet d’une chasse au trésor silencieuse mais très sérieuse sur le marché de l’occasion — et les prix ne mentent pas.
Cobra n’a pas bénéficié du traitement industriel d’un Dragon Ball ou d’un Saint Seiya en matière de produits dérivés. En France, la licence a longtemps circulé dans les grandes surfaces et les catalogues de Club Dorothée sans jamais générer le torrent de merchandising qui accompagne les franchises dominantes. C’est précisément ce qui rend la chasse intéressante : les pièces existent, mais elles sont dispersées, rarement en parfait état, et souvent méconnues de ceux qui les possèdent.
Le cœur du marché secondaire tourne autour des productions japonaises des années 2000, quand Banpresto, Konami, Epoch et Runat ont décliné le personnage en figurines vendues dans des distributeurs automatiques ou des coffrets limités destinés au marché nippon. Sur le Bon Coin aujourd’hui, les figurines Banpresto 9 cm issues de cette époque se négocient autour de 39 à 90 euros selon l’état, tandis que les rares figurines articulées Runat en duo datant de 2000 atteignent 125 euros, voire davantage quand le packaging est intact. La règle d’or du collector s’applique ici sans exception : la boîte d’origine, le blister non ouvert, multiplient immédiatement la valeur.
Si Cobra lui-même est le personnage le plus représenté dans les collections, c’est son ennemi juré qui fait grimper les enchères les plus intéressantes. Crystal Boy — l’homme de verre, translucide, froid comme le cosmos — est un défi technique pour tout sculpteur. Le réussir exige une maîtrise des matériaux transparents que peu de fabricants ont tenté sérieusement. Good Smile Company a relevé le défi avec une figma Crystal Boy en plastique translucide, aujourd’hui proposée entre 100 et 110 euros sur Amazon, avec des accessoires chromés et plusieurs paires de mains interchangeables. Sur les sites d’enchères, les exemplaires neufs en boîte fermée dépassent régulièrement cette fourchette, portés par une demande qui ne faiblit pas.
La réplique Psychogun au 1/1 signée Emtopia en 2007 représente l’autre objet fétiche de la communauté : une reproduction grandeur nature de l’arme intégrée dans le bras de Cobra, actuellement proposée à 350 euros sur le marché de l’occasion. C’est le genre de pièce qui divise les collectionneurs entre ceux qui veulent l’exposer et ceux qui hésitent à débourser autant pour un accessoire — mais qui, une fois posé dans une vitrine, ne laisse personne indifférent.
Le marché ne se limite pas à la chasse aux pièces vintage. Depuis 2024, Storm Collectibles, le fabricant hongkongais spécialisé dans les figurines articulées de haute qualité, a lancé une ligne dédiée à Space Adventure Cobra. La figurine Cobra au 1/12, annoncée à 104,99 dollars et prévue pour le troisième trimestre 2025, propose quatre têtes interchangeables, sept paires de mains, un bras gauche amovible avec avant-bras prothétique, et une veste en tissu véritable reproduisant le blouson iconique du personnage. Sur le marché européen, la précommande tourne autour de 106 euros de solde restant selon les revendeurs belges et français.
C’est une excellente nouvelle pour les collectionneurs qui veulent une pièce maîtresse sans passer par la case enchères ou occasion introuvable. C’est aussi un signal fort : Storm Collectibles ne s’engage sur une licence que lorsqu’elle présente un potentiel commercial réel.
39 € — prix plancher d’une figurine Banpresto 9 cm occasion sur le Bon Coin
125 € — duo de figurines articulées Runat 2000 en bon état
350 € — réplique Psychogun 1/1 Emtopia 2007
450 € — planche Rugball en noir & blanc, tirée à 150 exemplaires mondiaux
~72 € — coffret vinyle 3 LP Psychogun Edition Wayô Records, limité à 500 exemplaires
104,99 $ — figurine Storm Collectibles 1/12, sortie T3 2025
Une licence qui n’a jamais eu le merchandising qu’elle méritait. C’est exactement pour ça que les pièces qui existent valent ce qu’elles valent.
L’annonce d’une nouvelle série animée produite par Mangouste Anim change la donne. Dans l’univers du collector, un revival réussi provoque systématiquement deux effets : une hausse du prix des pièces vintage originales, portée par un regain d’intérêt général, et une vague de nouveaux produits dérivés qui, s’ils sont bien reçus, créent leur propre marché secondaire dans les années qui suivent.
Le coffret vinyle Psychogun Edition de Wayô Records, limité à 500 exemplaires avec ses trois vinyles marbrés rouge, gris et ambre, ses 55 titres remasterisés et son shikishi exclusif, est déjà épuisé en précommande directe. Sur Discogs et les plateformes d’occasion spécialisées, il commence à circuler avec une prime. C’est exactement le comportement d’une pièce qui a correctement rempli son rôle : édition limitée, licence culte, fabricant sérieux, tirage raisonnable. La mécanique est parfaite.
La planche Rugball en noir et blanc tirée à 150 exemplaires dans le monde entier, actuellement proposée à 450 euros à Parthenay, est le symbole de ce que peut devenir n’importe quelle pièce liée à Cobra dans un contexte de revival : rarissime, impossible à reproduire légalement, et condamnée à prendre de la valeur si la nouvelle série relance l’intérêt d’un public plus large.
Il y a quelque chose de particulier dans le fait de collectionner Cobra. Ce n’est pas la même chose que de collectionner Dragon Ball, dont les figurines ont été produites par millions et circulent à toutes les fourchettes de prix depuis trente ans. Collectionner Cobra, c’est partir à la chasse dans un écosystème fragmenté, souvent japonais, souvent sans notice française, souvent découvert par hasard dans une vente de grenier ou une boutique d’import qui fermait.
Ces objets sont les témoins matériels d’une licence qui a toujours vécu un peu en dehors des circuits dominants — trop adulte pour les enfants, trop culte pour les grandes surfaces, trop française dans son âme pour être pleinement comprise au Japon. Les ramasser, les conserver, les exposer, c’est aussi dire quelque chose de ce qu’on est.
Le Psychogun, lui, ne rouille vraiment pas.
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